___Sa tristesse me gelait, mais le souffle chaud qu'il expirait sur mon cou me soulageait.
Il me murmurait des phrases si éplorées. Il appréhendait la suite et moi, ne sachant plus quoi faire je le réconfortais. Je le serrai on ne peut plus fort dans mes bras pour lui montrer que j'étais là pour l'écouter. Telle était ma réponse. Voilà maintenant une heure et quarante sept minute que nous étions comme cela, mais je ne m'en lassais pas. Je savais que ma présence le rassurais mais j'avais si peur de ne pas être à la hauteur. Si je le pouvais, je ne le lâcherais pas, par peur qu'il y mette fin, à sa vie, le soir venu. Oui, si j'avais pu, mais ce n'étais pas le cas...
Tandis qu'il pleurait son malheur sur mon épaule, je lui caressais lentement le dos, afin de l'apaiser. Il me remercia, mainte et mainte fois d'être là et de le supporter. Mais je ne voyais pas cela comme une corvée.
En réalité, ça me déchirai de le voir sans cette état d'âme. Il disait que sa vie était finit, que le monde n'avait plus aucun sens sans elle, que la Terre s'effondrait. Et voilà que je me confiai :
« Il y a peu de temps, j'étais certainement dans le même état que toi.
Parce que lorsque celui que j'aimais m'eut quitté, je ne voyais plus le jour se lever. J'étais triste, oh si triste que mes joues s'en mortifiaient. Des jours entiers, la nuit comprise à vider mes réserves d'eau. [...] »


